Laure Gibot
Chargée de recherche - CNRS

Laure Gibot est chercheuse au CNRS depuis 2016 et biologiste spécialiste de la peau, experte en remodelage cutané induit par des stimuli externes (champs électriques, nanoparticules, stress oxydant). Ses travaux explorent comment ces stimuli modulent la structure et la fonction de la peau.
Diplômée de l’École Nationale Supérieure d’Agronomie de Rennes et docteure en biologie cellulaire de l’Université Laval (Québec), elle a acquis une expertise unique en substituts cutanés humains au LOEX, puis en modèles ex vivo humains chez Genoskin — une approche clé pour le développement de méthodes alternatives aux tests animaux en cosmétique. Son post-doctorat à l’IPBS (Toulouse) a porté sur l’étude des effets de l’électroporation sur les tissus, avant de se consacrer à l’utilisation de nanovecteurs (développés par ses collègues chimistes au laboratoire Sofmat) pour cibler des applications cutanées : thérapies antitumorales locales, accélération de la cicatrisation et régénération tissulaire.
Intervention
Bioélectricité cutanée : mécanismes endogènes et applications thérapeutiques des champs électriques
L’épiderme, en situation physiologique, maintient activement une ségrégation ionique transépidermique (notamment Na+, K+, Cl-), générant un potentiel électrique basal. Lors d’une blessure, la rupture de cette asymétrie ionique induit une mobilité ionique localisée, créant un champ électrique endogène aux marges de la plaie. Ce courant naturel, comparable à une "batterie épidermique", active des fonctions cellulaires et guide la migration tout en initiiant la cicatrisation.
Ces mécanismes bioélectriques inspirent des applications thérapeutiques au niveau cutané : le TENS (stimulation nerveuse), l’ionophorèse (livraison ciblée d’actifs), ou l’électrostimulation de la cicatrisation pour la régénération tissulaire. Parmi ces approches, l’électroporation se distingue par son potentiel anti-fibrotique, offrant une piste pour limiter les cicatrices pathologiques et améliorer la qualité de la réparation cutanée.
Cette présentation explorera les fondements bioélectriques de la peau et leur translation vers des stratégies originales en dermatologie.



Le laboratoire Softmat (Chimie des colloïdes, polymères & assemblages complexes) est dédié à la recherche sur la chimie de la matière molle. Il se consacre aux systèmes organisés constitués de tensioactifs, polymères, biomolécules ou nanoparticules.
Grâce à son expertise en synthèse organique et de polymères, ainsi qu’en chimie de formulation, il conçoit de nouvelles architectures moléculaires ou polymères intelligentes. Sa maîtrise en chimie analytique, chimie physique et photochimie lui permet également d’évaluer précisément la relation structure/propriétés de ces architectures.
Les systèmes qu'il étudie ont de multiples applications en sciences de la vie, sciences des matériaux, chimie verte, sciences de l’environnement, etc.
Softmat est une Unité Mixte de Recherche (UMR 5623) entre le CNRS et l'université de Toulouse.